Singùla

Le Choix

Ce qui nous éloigne n’est pas toujours la décision. C’est la façon dont nous la vivons.

Il y a quelques jours, ma fille devait choisir entre deux excellentes formations pour poursuivre ses études.

Deux projets de qualité. Deux chemins possibles. Sur le papier, aucune mauvaise décision.

Pourtant, ce choix a suscité entre nous des échanges difficiles et une charge émotionnelle que je n’avais pas anticipée.

Sur le moment, j’ai réagi comme beaucoup de parents. J’aurais naturellement choisi un autre chemin pour elle. Non pas parce que je pensais qu’elle se trompait, mais parce que je croyais sincèrement que ce parcours lui offrirait davantage de possibilités pour son avenir professionnel.

Elle, de son côté, a choisi la voie dans laquelle elle se projetait le mieux, celle qui correspondait à ses aspirations et à son besoin d’épanouissement.

Quelques jours plus tard, les émotions se sont apaisées. Nous avons retrouvé le dialogue. Et cette expérience m’a amenée à une réflexion qui dépasse largement notre histoire.

Nous ne réagissons pas aux situations. Nous réagissons à la manière dont nous les percevons.

Face à une même situation, nous ne regardons jamais les choses depuis le même endroit.

Ma fille observait cette décision avec les yeux d’une jeune femme qui construit son avenir. Je la regardais avec les yeux d’une mère qui souhaite offrir le plus de possibilités à son enfant.

Nous parlions du même choix. Mais nous ne parlions pas de la même réalité.

Parce que notre perception est toujours influencée par notre histoire, nos expériences, nos responsabilités, nos croyances, nos valeurs, nos peurs et nos attentes.

Nous avons souvent l’impression de réagir à des faits objectifs. En réalité, nous réagissons surtout au sens que nous leur donnons. Et ce sens paraît tellement évident pour nous… que nous oublions qu’il peut être totalement différent pour l’autre.

Ce qui se joue dans ces moments de tension

C’est souvent là que naissent les tensions. Dans une famille. Dans une entreprise. Entre associés. Entre un dirigeant et ses équipes. Entre un manager et un collaborateur.

Chacun est sincère. Chacun pense agir pour le bien de l’autre ou de l’organisation. Et pourtant, les incompréhensions s’installent.

Non pas parce que les personnes sont de mauvaise volonté. Mais parce qu’elles ne vivent pas la situation depuis la même place. Elles interprètent les mêmes événements à travers des expériences, des émotions et des responsabilités différentes.

Lorsque ces interprétations ne sont pas exprimées, elles deviennent des certitudes. Et ces certitudes nourrissent les tensions.

Le rôle d’un tiers n’est pas d’apporter la réponse

Lorsqu’une émotion est forte, notre cerveau cherche naturellement à convaincre. Nous argumentons. Nous justifions. Nous voulons être compris.

Alors que le véritable besoin est souvent ailleurs : prendre du recul, mettre des mots sur ce qui est vécu, comprendre ce qui relève des faits… et ce qui relève de notre interprétation.

C’est précisément le rôle d’un accompagnement. Non pas décider à la place des personnes. Mais créer les conditions pour que chacun puisse regarder la situation autrement.

Car il est souvent plus facile de trouver une solution lorsque l’on comprend enfin depuis quel endroit l’autre regarde le problème.

Ce que cette expérience m’a rappelé

Cette histoire restera avant tout celle d’une mère et de sa fille. Mais elle m’a rappelé pourquoi j’exerce ce métier.

J’accompagne des dirigeants, des managers, des équipes, des jeunes et leurs familles dans des moments où une décision importante vient bousculer les équilibres.

Mon rôle n’est pas de dire quelle est la bonne décision. Il est d’aider chacun à retrouver suffisamment de clarté pour faire un choix qui lui ressemble, tout en préservant la qualité de la relation.

Parce qu’au fond, les décisions passent. Les relations, elles, méritent toujours que l’on en prenne soin.

Si vous traversez une situation où une décision importante met votre relation ou votre organisation à l’épreuve, je serai heureuse d’en échanger avec vous.

SINGÙLA — Prendre sa place sans rompre le lien.

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